Lundi 6 octobre 2008
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Je me suis souvent vantée d'avoir de l'imagination, d'être créative, d'avoir l'envie d'écrire des trucs et de pouvoir se figurer un peu ce que ça donne.
Mais j'ai réalisé un truc l'autre jour.
Mettons nous en situation. Le métro, ligne 1, avec ces fameuses plateformes qui tournent entre deux wagons. Avec des parois en espèce de plaques (si vous comprenez pas, vous y allez voir, il
manquerait plus que je vous fasse un dessin) qui coulissent les unes contre les autres. Et d'un coup, virage, plaques coulissent violemment, et ç'aurait pu être le drame, si je m'accrochais comme
d'habitude à ces mêmes plaques avec mes doigts graciles.
Car là, ça aurait pu faire sproutch entre les plaques.
Et alors une petite foule de questions s'amasse dans mon cerveau pourtant blond : est-ce que mes doigts auraient vraiment pu passer entre les plaques ? est-ce que mes ongles se seraient cassés ?
combien de morceaux de doigts aurais-je perdu ? aurais-je pu aller au boulot quand même (professionnelle, hein, z'avez vu) ?
Evidemment, avec toutes ces questions vient la schématisation façon Les Experts, la chair se brise, les os s'arrachent... Et c'est là que j'ai dû arrêter cette machine intellectuelle pourtant si
merveilleuse. Car si j'avais continué, je pense que très rapidement, j'aurais dû toucher mes moignons intacts en me demandant comme j'allais faire pour les soigner et aller travailler en même
temps, l'un après l'autre, et puis comment on tape au clavier quand on a plus de bouts de doigts ?
Ha ha ha !
Si l'on veut aller plus loin, c'est la même bloody imagination qui m'empêche de passer sereinement sur une grille, au delà du fait que ça explose les talons de toutes mes chaussures de fille. Qui
dit passage sur une grille dit créativité me forçant à m'imaginer m'exploser en bas.
Allons plus avant dans le processus d'exploration. Voici donc ce qui se passe à ce moment là dans ma tête entre une entité sauvage et apeurée, la 1, et l'entité raisonnable, ou plutôt, qui a peur
de passer pour une abrutie, la 2.
Entité 1 : Et si la grille était mal scellée ?
Entité 2 : Mais ça n'arrive jamais, pense à tous les gens qui sont passés avant toi ?
E1 : Ah mais si justement c'était eux à force de passer qui l'avaient descellée ?
E2 : Mais je...
E1 : Ce serait quand même trop con ! Mourir comme ça parce que tu veux paraître forte et passer sur une putain de grille ! Je veux pas mouriiiiiiiiirr si jeeeeeeuuuneee !...
E2 : Mais ta gueule ! On passe sur la grille quand même et ça te fera les pieds !
Voilà voilà. L'imagination au service de l'homme comme on dit.
Je t'en foutrais.